Pourquoi les masques de protection sont déjà en rupture de stock en Ile-de-France ?


Des passagers en provenance de Chine qui portent un masque à l’aéroport Roissy Charles-de-Gaulle . — Alain JOCARD / AFP
  • La ministre de la Santé, Agnès Buzyn, a annoncé ce dimanche qu’une dizaine de cas étaient actuellement sous surveillance, en plus des trois cas positifs au coronavirus chinois déjà identifiés.
  • La crainte d’une possible propagation du virus a poussé beaucoup de nos compatriotes à se rendre en pharmacie pour se procurer un masque de protection.
  • Il n’y a plus de masques FFP2 dans les officines, qui sont des masques de prévention, et les masques chirurgicaux basiques commencent aussi à faire défaut.

L’inquiétude est montée d’un cran ce week-end en France, après l’identification de trois cas de coronavirus sur des voyageurs récemment rentrés de Chine. Et c’est loin d’être fini, la ministre de la Santé, Agnès Buzyn, ayant annoncé
ce dimanche, qu’une dizaine de cas étaient actuellement sous surveillance.

La crainte d’une possible propagation de l’infection au coronavirus a poussé beaucoup de nos compatriotes à se rendre en pharmacie pour se procurer un masque de protection. Ce qui a provoqué une rupture de stock dans les officines, explique à 20 Minutes Martial Fraysse, ancien président de l’Ordre régional des pharmaciens d’Ile-de-France et membre de l’Académie nationale de pharmacie : « On ne trouve plus de masques de type FFP2, les masques de prévention, qui permettent aux soignants où l’entourage d’un malade de se protéger du virus. En revanche on arrive encore à trouver des masques chirurgicaux basiques qui permettent aux personnes atteintes d’un virus de ne pas le transmettre aux autres, mais pas aux personnes saines de se protéger contre les infections extérieures », explique-t-il.

« Nous n’avons plus de masque depuis le début du week-end »

Et le manque se fait particulièrement ressentir dans les pharmacies du 13e arrondissement de Paris, où réside une forte communauté chinoise. « Nous n’avons plus de masque depuis le début du week-end », indique ainsi Evelyne, qui travaille à la pharmacie Vincent Auriol. « J’ai déjà eu dix demandes depuis ce matin car les gens ont peur », raconte Sylvain, pharmacien à l’officine Maman-Lellouch dans le 13e, contacté en fin de matinée ce dimanche.

A la pharmacie de la Maison-Blanche dans le 13e, à midi, Anita déclare avoir vendu 150 masques chirurgicaux depuis le début de la matinée. « On a limité le nombre d’achats à 5 masques par personne pour satisfaire le plus de monde. Et on précise bien aux personnes que ces masques ne sont pas très efficaces pour se protéger, contrairement aux FFP2. Ils en achètent quand même en se disant que c’est mieux que rien », déclare-t-elle.

Une demande qui ne provient pas que de la communauté chinoise

« C’est un phénomène très parisien, lié aux personnes asiatiques en séjour à Paris, qui veulent faire des provisions avant de rentrer chez elles. Et aux personnes qui voyagent beaucoup et fréquentent les aéroports et les gares », constate Carine Wolf-Thal, présidente du conseil national de l’ordre des pharmaciens « Si au départ, la demande provenait surtout de personnes de la communauté chinoise qui voulaient utiliser ses masques eux-mêmes et en envoyer à leur famille, ces derniers jours, on voit tous types de personnes nous en demander. Surtout celles qui sont anxieuses de nature », complète lMartial Fraysse. Par ailleurs « les personnes déjà fragilisées par une pathologie respiratoire ou du système immunitaire vont davantage que les autres chercher à se protéger contre une nouvelle infection », explique Carine Wolf-Thal. « Les gens qui prennent les transports en commun nous disent qu’ils ont peur », témoigne aussi Line, pharmacienne à la grande pharmacie de Riquet.

« Les fournisseurs n’avaient pas prévu une telle demande et sont vite trouvés débordés », observe Martial Fraysse. Mais cette pénurie s’explique aussi peut-être par la gestion prudente des stocks que font les pharmaciens : « On se souvient qu’en 2009, face au risque de diffusion de la grippe A/H1N1, le gouvernement avait commandé plus d’un milliard de masques dont beaucoup n’avaient pas été utilisés », rappelle Carine Wolf-Thal.

« Les gens qui prennent les transports en commun nous disent qu’ils ont peur »

Mais la rupture de stock des masques FFP2 ne va pas durer, selon Carine Wolf-Thal. : « Les fournisseurs ont promis d’en livrer dans le courant de la semaine prochaine ». Et pour les pharmaciens, la visite de ces clients inquiets est aussi l’occasion de les rassurer : « On leur explique qu’en cas de toux et de fièvre, ils doivent rester chez eux et appeler le 115. Et qu’il ne s’agit peut-être que d’une grippe. En revanche, il faut être vigilant dans ces cas-là lorsque l’on revient de Chine ou que l’on a fréquenté quelqu’un qui en revenait », ajoute Martial Frayse.

Quant aux personnes qui fréquenteront les transports en communs ou les lieux publics dans les prochains jours, les pharmaciens leur donne des recommandations de bon sens : « Il est conseillé de se laver les mains, d’utiliser du gel hydroalcoolique en sortant des transports, de tousser dans son bras et d’utiliser des mouchoirs à usage unique », rappelle Carine Wolf-Thal.



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