L’herbe pousse… – La Terre de Chez Nous


Soleil éclatant, températures supérieures à 12, voire 15°C… cette fin février a décidément des allures de printemps précoce ! En plaine, on peut déjà apercevoir des génisses, voire des vaches de sortie… « Pour l’instant les quantités d’herbe disponible sont négligeables, tempère Honorine Adam, conseillère à Haute-Saône Conseil élevage : il ne faudrait pas réduire les quantités distribuées à l’auge. Mais quand les conditions de portance sont favorables, sur des parcelles proches de la stabulation, c’est plutôt une bonne idée de laisser les vaches prendre un peu l’air ! » Et ce d’autant plus dans les situations où le chargement des bâtiments est élevé et le renouvellement de l’air insuffisant.
Préparer la véritable mise à l’herbe
La gestion réussie de l’alimentation dans la mise à l’herbe ne doit rien au hasard et mérite d’être anticipée, car la mise à l’herbe correspond à une démarche globale. L’herbe pâturée représente l’alimentation la moins coûteuse. Le premier critère à prendre en compte est celui de la disponibilité de la ressource herbagère, traduite en surface mise à disposition. Il est difficile de donner un chargement précis, car cette surface sera fonction de la catégorie animale, de la race, car toutes les vaches n’ont pas le même appétit, du stade physiologique et du potentiel des prairies mises à disposition. Cela passe en amont par l’implantation de prairies de qualité, dès l’été précédent. Les associations entre graminées et légumineuses, particulièrement celles à flore variée (plusieurs graminées et plusieurs légumineuses), sont propices au pâturage en bio comme en conventionnel. La fixation symbiotique est une source considérable d’azote gratuite, d’une part, soit une économie d’engrais azotés, et le fourrage possède une meilleure valeur alimentaire avec plus d’énergie, plus de matières azotées, et une meilleure ingestibilité. La complexité du peuplement augmente la souplesse dans le rythme d’exploitation.
L’organisation du pâturage est le second facteur clé. La mise en place d’un pâturage tournant, notamment en troupeau allaitant, facilite la gestion d’un stock sur pieds. Lorsqu’arrive la sécheresse, on possède ainsi du stock, ce qui réduit la durée de la période de pénurie estivale. Plus on intègre de paddocks dans le pâturage tournant, plus la conduite est facile.
Avantages d’une mise à l’herbe précoce
La mise à l’herbe doit se faire le plus tôt possible, en sortie d’hiver, dès fin février, ou début mars. Il ne faut pas attendre que l’herbe soit trop haute. Tout en faisant attention au climat et à la portance des sols. Si on sort tôt, mais que l’on défonce tout, ce n’est pas la peine ! Pour la réussir, il convient de raisonner selon la notion de jours d’avance, afin de ne pas prendre un trop grand risque. Si l’on est sur des prairies extensives, à faible potentiel, une surface importante de pâturage est réservée pour chaque animal. Plus le système est extensif, plus on peut sortir tôt. On peut avoir la même sécurité avec moins de rendement. La hauteur d’herbe nécessaire, mesurée à l’herbomètre, varie de 8 centimètres (prairie à faible potentiel) à 10 centimètres (fort potentiel) pour pouvoir sortir avec une marge de sécurité suffisante, d’environ 20 jours d’avance. Dans le même temps, un apport de foin assure une transition alimentaire optimale.
Une sortie précoce permet de finir suffisamment tôt le premier cycle par rapport aux dates d’épiaison de certaines graminées. Cela évite aussi d’être débordé avec l’herbe. Pour sortir plus tôt, deux techniques existent. La première, c’est le déprimage, c’est-à-dire le pâturage précoce de surfaces initialement destinées à la fauche. Le rendement en foin sera moins bon, mais on gagne sur la mise à l’herbe et on obtient de meilleures valeurs alimentaires pour les foins. Cela s’intègre à la planification des pâturages, c’est-à-dire l’affectation de parcelles pour le pâturage de printemps, d’autres parcelles pour les stocks et enfin celles qu’on pense pouvoir déprimer. Seconde technique, le pâturage en fin d’hiver de cultures fourragères intercalaires entre deux cultures constitue une solution complémentaire pour anticiper la mise à l’herbe (en association du RGI avec du trèfle incarnat, par exemple).…

AC

Vous pouvez retrouver cet article complet dans notre édition papier du 22 février 2019.

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